L'INDEX DE TOUTES LES RUES ET ARRONDISSEMENTS :
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  • samedi, avril 25, 2009

    SQUARE DES BATIGNOLLES

    Allez, today, on s'oxygène !
    Très peu d'efforts à faire de ma part, vu que c'est à 100 m de chez moi.. Il suffit juste de passer la gare de Pont Cardinet (mieux décrite ici) pour se rendre, comme on le disait autrefois, dans le "mauvais" XVIIème, celui situé au nord de la voie ferrée, distinction qui - vu le prix actuel des appartements - n'a bien sûr plus guère cours aujourd'hui :
    Et d'un seul coup d'un seul, c'est la campagne, avec ce charmant et très romantique square "à l'anglaise" des Batignolles (mot qui viendrait soit du latin Batillus, "moulin", soit de l'occitan Bastidiole, "petite bastide", deux types d'édifices abondants dans le quartier à cette époque), achevé en 1862 à la demande de Napoléon III par le baron Haussmann et l'ingénieur Jean-Charles Alphand (1817-1891) - au passage concepteur de presque tous les parcs parisiens, et ceci du bois de Boulogne au bois de Vincennes en passant par celui des Buttes-Chaumont :
    Certes, les adultes se régaleront d'une telle promenade, mais il y en a aussi pour tous les goûts (et je peux vous assurer que même à l'époque de la Nintendo et de Disneyland, ce joli manège ne semble pas parti pour faire faillite !) :
    Ceci dit, pour des gamins de mon genre : "Cet espace vert est le cœur du quartier (...), où des générations d'enfants ont fait leurs premiers pas, une terre d'aventure, où l'imagination permet les plus grands voyages : la colline, pour l'escalade, la rivière et son gré pour la traversée, la grotte, pour les pirates..." (Guide du Promeneur du XVIIème, Parigramme, p.63) :
    En résumé, donc, ce que l'on appelait autrefois des "fabriques", mais qui font tout le charme de ces jardins "à l'anglaise" (certes, on ne pourra jamais lutter avec celui de München, le plus grand d'Europe... Néanmoins, celui-ci, avec ses 16615 m2, paraît presque aussi vaste que le parc Monceau, presque trois fois plus grand, tellement il est bien agencé) !
    Dans ma grande naïveté (due à mon métier, sûrement), j'ai toujours pensé que cet édicule, situé au sommet de la colline, devait être une sorte de kiosque à musique, mais non... C'est une serre, en réalité :
    Le point fort, d'ailleurs, de ce jardin-ci (avec lequel, je crois, même le parc Monceau ne saurait rivaliser), c'est la variété de ses essences végétales, parmi lesquelles saules tortueux, noisetiers de Byzance, plaqueminiers du Japon,  citronniers trifoliés, et même un séquoia :
    Selon l'ouvrage mentionné plus haut, il y aurait même un chêne rouge d'Amérique, planté en symbole de liberté le 21 mars 1989 :
    En tout cas, même si tout ceci est très beau, les vraies vedettes du square restent celles-ci, les "doyens" : quatre platanes plantés entre 1840 et 1880, dont le plus grand mesure 38 m, pour 5,90m de circonférence :
    En revanche, surtout comparé au parc Monceau qui en regorge, ce jardin n'offre que très peu de statues aux regards des passants... Tout au plus celle du désormais méconnu Léon Dierx (1838-1912) par Bony de Lavergne, poète parnassien ami de Stéphane Mallarmé, né à Saint-Denis de la Réunion :
    La seule que l'on remarque vraiment, en fait (en plein milieu du lac artificiel), c'est celle dénommée Les Vautours, due à Louis de Mornard (1873-1939) :
    Je sais, on se croirait en plein Kremlin durant la fameuse "guerre froide" ! En revanche, il faut pour une fois préciser que la noirceur de cette œuvre d'Art ne doit absolument rien à la pollution ambiante, mais uniquement au fait qu'elle soit entièrement taillée dans de la pierre de Volvic, autrement dit volcanique :
    Durant la visite de ce modeste parc (pourtant l'un des plus grands du XVIIème), vous serez sans doute étonnés par cette maigre statuaire, et du coup le nombre de socles vides, mais en réalité, la plupart des œuvres ont été fondues durant l'occupation !
    En attendant, il nous reste toujours ces si pittoresques fontaines, les mêmes qu'au parc Monceau, sûrement presque toutes aussi anciennes, et qui sont encore en parfait état de marche :
    Dilemme : dois-je finir sur une note d'amertume, ou de joie ?
    Alors donc, commençons par l'amertume, cela n'en sera que plus gai par la suite ! Admirez ces jardins, admirez ces parterres, et surtout, admirez ces massifs floraux (magnifiques, il faut bien le dire) :
    Mais comme je vous avais vaguement promis une Happy End, il faut bien admettre que le square des Batignolles est en outre probablement l'un des rares endroits de Paris où les retraités peuvent tranquillement se taper une petite belote, voire mieux - et sans doute plus rare - pouvoir jouer aux boules sur deux larges terrains.
    Alors, tu tires ou tu pointes, putain ?
    Snif, je ne saurai jamais la fin de cette partie (ce qui ne va pas m'empêcher de dormir, ceci dit)...
    Et retour à la case départ :
    Je ne raffole pas des trains, mais comme le suggère le titre d'un célèbre poème de Baudelaire, j'aime assez les gares et leurs rails à perte de vue, pour tout ce qu'ils suggèrent d'Invitation au Voyage...
    "Luxe, calme et volupté" : tout ce que j'aime (et je ne dois pas être le seul)...
    Encore plus de précisions ici, un site entièrement dédié à ce parc, que l'on m'a gentiment envoyé !

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    vendredi, avril 24, 2009

    RUE DULONG

    Encore une petite rue du XVIIème !
    Cette modeste promenade - en cette sublime journée du jeudi 23/04/09 - a commencé gare de Pont Cardinet, au carrefour du boulevard Pereire et de nombreuses autres rues (Cardinet, Rome, Jouffroy d'Abbans, et, donc, Dulong), même si cette vaste place ne porte pas le moindre nom :
    Très récemment ravalé, le bâtiment en béton et "briquettes de Vaugirard" - dû à Julien Polti (1877-1963) - date en réalité de 1923 :
    Ce qui est en soi assez postérieur, je pense, à la plupart des bâtisses de la rue Dulong, en majorité de vieux ateliers surmontés de modestes immeubles de 3 ou 4 étages :
    Et ceci du début jusqu'à la fin - ou plus exactement de la fin jusqu'à son début, autrement dit rue des Dames :
    Avec, bien sûr, pas mal de petites surprises inattendues au passage, à voir plus loin... En attendant, c'est une rue vraiment archétypique de la plaine Monceau au début du siècle avant-dernier, avec son mélange (outre les anciennes boutiques suscitées) entre des immeubles en briques des années 1930 :
    Du pur et très bel Haussmann, au N°62 (admirez les balcons !) :
    Voire même un mélange des deux, pas si iconoclaste que cela, du reste :
    Ne serait-ce pas la situation particulièrement cachée de cette minuscule rue (500 ou 600 m), qui aurait réussi à conserver cette mixité, si rare de nos jours à Paris, loin des grandes "percées" aveugles de la fin du XIXème siècle ?
    Toujours est-il que s'y cachent pas mal de curiosités, à commencer par ce superbe petit pavillon qui "fleure bon la misère" (en réalité, passage du Commandant Charles Martel - 1867-1924, officier de marine, adoncques, ce n'est pas lui qui a "vaincu les arabes à Poitiers", désolé de vous décevoir !) :
    Au N°44, une ancienne institution, ou peut-être, comme on le disait autrefois, "maison de redressement" ?
    En tout cas, l'on ne mélangeait pas les torchons et les serviettes à l'époque, la preuve !
    Tout à fait au début (N°7), un étrange immeuble sans doute destiné aux gens allergiques à la lumière :
    Sauf que je débloque complètement, là... Non, en réalité, il s'agit de l'un des sûrement rares entrepôts parisiens de la RATP :
    Pour tout dire, cela m'a vraiment étonné, tout à l'heure, de me retrouver face à une usine de ce genre en plein XVIIème... Mais c'est peut-être là où j'ai aussi compris pourquoi j'aimais tellement ce quartier de Paris. Car la banlieue où j'ai grandi jusqu'à 25 ans (Levallois-Perret, autrefois la "ville des voitures", avant son entier relookage par le sieur Balkany), offrait très exactement ce genre d'aspect composite : un pavillon, un garage, un très bel Haussmann, une usine, de nouveau un immeuble plus modeste en pierre de Paris, etc...
    Un peu plus loin, au croisement avec la rue Legendre, un lycée non identifié, mais depuis lequel on entrevoit une autre curiosité :
    L'église luthérienne de l'Ascension (N°47-49) :
    Sur laquelle il m'a été pour l'instant impossible de trouver le moindre renseignement, mais qui doit probablement dater, en gros, de l'époque de la gare de Pont Cardinet mentionnée au début :
    Et pour finir, spécialement à SurfAnna, qui adore les dessus de portes originaux (au N°39) :
    Voilà tout pour aujourd'hui ! Bel article, n'est-ce pas ? Surtout pour une si petite rue, "vieille voie datant du village des Batignolles, et dont certains des immeubles ont gardé l'ancien alignement" (Rodolphe Trouilleux, Guide du Promeneur du XVIIème Arrondissement), comme quoi je ne m'étais pas trop trompé, finalement...
    À bientôt, pour une visite guidée du square des Batignolles - que j'ai effectuée ce même jour dans la foulée, il faisait tellement beau, mon NIKON adore ça !

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